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Bienvenue sur AFEDE asbl
En 2004, l’idée de nous engager dans cette association est née de la révolte que nous avons éprouvée devant les témoignages et les images des violences faites aux femmes, aux filles et aux petites filles à l’Est de la République Démocratique du Congo, durant les guerres et les conflits que ce pays a traversés et subit encore. Nous nous sommes réunies et avons décidé de fonder une association dénommée 'Actions des Femmes pour le Développement', en abrégé AFEDE a.s.b.l. Notre mission : Venir en aide aux femmes vivant en RDC (et ailleurs) - victimes des violences sexuelles, en luttant pour qu’elles recouvrent leur dignité et leur intégrité, mais aussi en développant des moyens pour leur redonner le goût de lutter au-delà de la survie pour devenir des actrices de changement et de développement dans leur communauté, leur région ou leur nation. Ce site web nous permet de nous faire connaitre et de vous en dire plus sur les actions que nous menons ; parcourrez notre agenda en cliquant sur les dates 'noircies' de notre calendrier. Si vous souhaitez nous contacter, nos coordonnées complètes se trouvent au bas de cette page. Bonne visite ! Les 4 dernières nouvelles
Dans les Kivus et la province orientale - La situation humanitaire reste alarmante - par Maddy le 30/05/2012 - 08:29
La situation humanitaire reste alarmante car elle est tributaire des affrontements des groupes armés et des FARDC, a déclaré Yvon Edoumou, chargé de communication et plaidoyer d'OCHA lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Monusco d'hier. Il répondait à une question relative à la situation humanitaire à l'Est du pays.
Citant le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le chargé de communication d'OCHA a déclaré que plus de 39.000 congolais ont pris la fuite vers le Rwanda et l'Ouganda, dont 9.006 réfugiés au Rwanda et 30.000 en Ouganda. Du 30 avril au 19 mai 2012, 40.000 personnes représentant 8.000 ménages ont été enregistrées dans le territoire de Rutshuru. Dans le territoire de Shabunda au Sud-Kivu, 2.500 personnes auraient fui le village de Nduma. Ces personnes ont pu trouver réfuge dans la forêt et les localités voisines, tandis que dans le territoire de Mambassa, en Province Orientale, un déplacement massif des populations est signalé. Les conditions sécuritaires et physiques rendent l'accès difficile sur l'axe Mambassa-Niania. Le PAM et la CARITAS ont commencé hier et le fera deux semaines, à distribuer des vivres à 6.700 personnes à Mugunga III. Ceci en complément aux biscuits énergétiques distribués le 16 mai 2012 à près de 1.100 personnes considérées comme le plus vulnérables parmi les nouveaux déplacés. Dans le cadre du Programme de réponse rapide aux mouvements des populations (RRMP), les ONG Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) et Solidarité Internationale ont distribué des articles non alimentaires à plus de 8.700 déplacés internes dans le site de Mugunga I et Mugunga III. Dans le même registre, un communiqué d'OCHA indique que le HCR organise deux convois par semaine pour rapatrier les réfugiés congolais vivant au Congo-Brazzaville vers la province de l'Equateur. 1.271 réfugiés ont été rapatriés depuis le 18 mai 2012. 733 ont été rapatriés dans la zone de retour de Dongo et 538 pour Libenge. Le HCR prévoit le retour de quelques 81.000 réfugiés Congolais vivant dans le district de la Likouala, en République du Congo, d'ici au mois de juin 2013. Par Patrick Makobo, 24 Mai 2012 Copyright © 2012 Le Phare.
La situation humanitaire reste alarmante car elle est tributaire des affrontements des groupes armés et des FARDC, a déclaré Yvon Edoumou, chargé de communication et plaidoyer d'OCHA lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Monusco d'hier. Il répondait à une question relative à la situation humanitaire à l'Est du pays.
Citant le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le chargé de communication d'OCHA a déclaré que plus de 39.000 congolais ont pris la fuite vers le Rwanda et l'Ouganda, dont 9.006 réfugiés au Rwanda et 30.000 en Ouganda. Du 30 avril au 19 mai 2012, 40.000 personnes représentant 8.000 ménages ont été enregistrées dans le territoire de Rutshuru. Dans le territoire de Shabunda au Sud-Kivu, 2.500 personnes auraient fui le village de Nduma. Ces personnes ont pu trouver réfuge dans la forêt et les localités voisines, tandis que dans le territoire de Mambassa, en Province Orientale, un déplacement massif des populations est signalé. Les conditions sécuritaires et physiques rendent l'accès difficile sur l'axe Mambassa-Niania. Le PAM et la CARITAS ont commencé hier et le fera deux semaines, à distribuer des vivres à 6.700 personnes à Mugunga III. Ceci en complément aux biscuits énergétiques distribués le 16 mai 2012 à près de 1.100 personnes considérées comme le plus vulnérables parmi les nouveaux déplacés. Dans le cadre du Programme de réponse rapide aux mouvements des populations (RRMP), les ONG Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) et Solidarité Internationale ont distribué des articles non alimentaires à plus de 8.700 déplacés internes dans le site de Mugunga I et Mugunga III. Dans le même registre, un communiqué d'OCHA indique que le HCR organise deux convois par semaine pour rapatrier les réfugiés congolais vivant au Congo-Brazzaville vers la province de l'Equateur. 1.271 réfugiés ont été rapatriés depuis le 18 mai 2012. 733 ont été rapatriés dans la zone de retour de Dongo et 538 pour Libenge. Le HCR prévoit le retour de quelques 81.000 réfugiés Congolais vivant dans le district de la Likouala, en République du Congo, d'ici au mois de juin 2013. Par Patrick Makobo, 24 Mai 2012 Copyright © 2012 Le Phare.
Kinshasa et Kigali doivent mettre fin à l'impunité des criminels de guerre congolais - par Maddy le 23/05/2012 - 09:24
LE MONDE | 22.05.2012 à 15h57 •
Par Clément Boursin, responsable des programmes Afrique, Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT-France) Au moins deux criminels de guerre congolais séjournent au Rwanda sans être inquiétés par la justice... Le colonel Laurent Nkunda, ex-chef du Conseil national pour la défense du peuple (CNDP), est en résidence surveillée et ne semble faire l'objet d'aucune poursuite judiciaire depuis son arrestation le 22 janvier 2009. Quand il était officier supérieur du Rassemblement congolais pour la démocratie-Goma (RCD-Goma), puis chef du CNDP, ses soldats ont violé, torturé, exécuté des milliers de personnes à Kisangani en mai 2002, à Bukavu en mai et juin 2004 et à Kiwanja en novembre 2008, trois localités situées dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Le colonel Jules Mutebutsi, ancien officier du RCD-Goma, a quant à lui disparu du paysage médiatique fin 2010 après s'être établi en toute liberté au Rwanda. Il est pourtant suspecté d'avoir commis des crimes de guerre, notamment lors de l'invasion de la ville de Bukavu en juin 2004. Tous deux ont été un temps le bras armé du Rwanda dans l'est de la RDC. Ils ont organisé le pillage des ressources naturelles congolaises au profit du Rwanda et de certains militaires. Après que la communauté internationale a exprimé son indignation, ils ont été évincés et remplacés. Toutefois, faute de pression des autorités congolaises et internationales, les autorités rwandaises ne les ont jamais inquiétés... Le successeur de Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda, ex-CNDP devenu général des Forces armées de la RDC (FARDC), a eu longtemps pignon sur rue à Goma, dans l'est de la RDC, mais également au Rwanda, où il pouvait circuler en toute liberté. Kinshasa et Kigali lui avaient donné pour mission de combattre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de permettre la réintégration des soldats du CNDP dans les FARDC. Il était pourtant recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre. Selon un rapport du groupe d'experts des Nations unies sur la RDC de décembre 2011, Bosco Ntaganda s'est rendu à de nombreuses reprises au Rwanda en 2011, dont deux fois de manière officielle, avec l'accord des services de l'immigration rwandais. Il a aussi organisé le trafic de minerais entre la RDC et le Rwanda sans qu'interviennent les Forces de défense rwandaises (FDR). Les très nombreuses informations relatives à Bosco Ntaganda contenues dans le rapport du groupe d'experts démontrent, exemples à l'appui, les activités criminelles de Bosco Ntaganda et la connivence des plus hautes autorités congolaises et rwandaises pour le protéger. Le pouvoir en place à Kinshasa s'est notamment appuyé sur Bosco Ntaganda et le CNDP pour assurer son emprise sur les électeurs du Nord et du Sud-Kivu lors de l'élection présidentielle de 2011. Grâce aux intimidations et aux fraudes commises par des éléments du CNDP, le président sortant a remporté de nombreuses voix dans l'est de la RDC. Y a-t-il eu un échange tacite permettant à Bosco Ntaganda de continuer ses activités de contrebandiers en toute liberté ? La révélation des liens entre le Rwanda et Bosco Ntaganda contenue dans le rapport d'experts des Nations unies sur la RDC a embarrassé les autorités rwandaises. La condamnation pour crimes de guerre, le 14 mars, de l'ancien chef de Bosco Ntaganda, Thomas Lubanga, par la CPI pour avoir enrôlé des enfants soldats en 2002-2003 pendant la guerre civile en Ituri, a de nouveau poussé la communauté internationale à demander l'arrestation et le transfert de Bosco Ntaganda vers la CPI pour être jugé des mêmes crimes. Dans ce contexte, les autorités congolaises et rwandaises se sont certainement demandé si Bosco Ntaganda pouvait continuer à servir leurs intérêts respectifs dans l'est de la RDC. Sentant le vent tourner, Bosco Ntaganda a fomenté des troubles dans l'est du pays et après des combats violents avec les FARDC, il s'est réfugié dans le parc de la Virunga, en RDC. Dans le même temps, un nouveau mouvement rebelle issu du CNDP s'est créé, le Mouvement du 23 mars (M23). Il est dirigé par le colonel Sultani Makenga. Ce colonel ne serait-il pas le remplaçant de Bosco Ntaganda destiné à assurer la continuité de la mainmise rwandaise sur l'est de la RDC ? Il semble peu probable que les autorités rwandaises décident de remettre Bosco Ntaganda à la CPI. Il en sait trop. Mais le laisser se faire tuer par l'armée congolaise serait assez embarrassant... Si les autorités rwandaises ne le protègent pas, comment s'assurer que son successeur leur sera fidèle ? La communauté internationale doit veiller à ce que toute solution politique négociée ne se fasse pas au détriment de la lutte contre l'impunité. Son message doit être ferme. L'argument selon lequel arrêter et remettre Bosco Ntaganda à la CPI nuirait à la pacification de l'est de la RDC n'est pas acceptable. L'impunité des criminels de guerre, notamment celle de Jules Mutebutsi et de Laurent Nkunda, a maintenu cette partie du territoire congolais dans l'anarchie et concourt à la dégradation de la situation dans la région. Ce n'est pas l'arrestation et le transfert de Bosco Ntaganda vers la CPI qui risquent d'aggraver une situation déjà conflictuelle mais bien la convoitise que suscitent les richesses locales. En effet, le vide laissé ces dernières semaines par le CNDP autour des sites miniers et des routes commerciales dans l'est de la RDC constitue une occasion à saisir pour d'autres forces armées de la région (Maï Maï, FDLR...). Les autorités congolaises et rwandaises ont la responsabilité de coopérer pour mettre fin à l'impunité des principaux responsables des graves violations des droits de l'homme commises en RDC. Il s'agit aussi d'adresser un message clair aux chefs de guerre qui se battent pour le contrôle des ressources naturelles de la région : l'impunité n'est plus de mise. -------------------------------------------------------------------------------- Fondée en 1974, l'ACAT défend les valeurs universelles des droits de l'homme et du droit humanitaire et la nécessité de les respecter.
LE MONDE | 22.05.2012 à 15h57 •
Par Clément Boursin, responsable des programmes Afrique, Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT-France) Au moins deux criminels de guerre congolais séjournent au Rwanda sans être inquiétés par la justice... Le colonel Laurent Nkunda, ex-chef du Conseil national pour la défense du peuple (CNDP), est en résidence surveillée et ne semble faire l'objet d'aucune poursuite judiciaire depuis son arrestation le 22 janvier 2009. Quand il était officier supérieur du Rassemblement congolais pour la démocratie-Goma (RCD-Goma), puis chef du CNDP, ses soldats ont violé, torturé, exécuté des milliers de personnes à Kisangani en mai 2002, à Bukavu en mai et juin 2004 et à Kiwanja en novembre 2008, trois localités situées dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Le colonel Jules Mutebutsi, ancien officier du RCD-Goma, a quant à lui disparu du paysage médiatique fin 2010 après s'être établi en toute liberté au Rwanda. Il est pourtant suspecté d'avoir commis des crimes de guerre, notamment lors de l'invasion de la ville de Bukavu en juin 2004. Tous deux ont été un temps le bras armé du Rwanda dans l'est de la RDC. Ils ont organisé le pillage des ressources naturelles congolaises au profit du Rwanda et de certains militaires. Après que la communauté internationale a exprimé son indignation, ils ont été évincés et remplacés. Toutefois, faute de pression des autorités congolaises et internationales, les autorités rwandaises ne les ont jamais inquiétés... Le successeur de Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda, ex-CNDP devenu général des Forces armées de la RDC (FARDC), a eu longtemps pignon sur rue à Goma, dans l'est de la RDC, mais également au Rwanda, où il pouvait circuler en toute liberté. Kinshasa et Kigali lui avaient donné pour mission de combattre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de permettre la réintégration des soldats du CNDP dans les FARDC. Il était pourtant recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre. Selon un rapport du groupe d'experts des Nations unies sur la RDC de décembre 2011, Bosco Ntaganda s'est rendu à de nombreuses reprises au Rwanda en 2011, dont deux fois de manière officielle, avec l'accord des services de l'immigration rwandais. Il a aussi organisé le trafic de minerais entre la RDC et le Rwanda sans qu'interviennent les Forces de défense rwandaises (FDR). Les très nombreuses informations relatives à Bosco Ntaganda contenues dans le rapport du groupe d'experts démontrent, exemples à l'appui, les activités criminelles de Bosco Ntaganda et la connivence des plus hautes autorités congolaises et rwandaises pour le protéger. Le pouvoir en place à Kinshasa s'est notamment appuyé sur Bosco Ntaganda et le CNDP pour assurer son emprise sur les électeurs du Nord et du Sud-Kivu lors de l'élection présidentielle de 2011. Grâce aux intimidations et aux fraudes commises par des éléments du CNDP, le président sortant a remporté de nombreuses voix dans l'est de la RDC. Y a-t-il eu un échange tacite permettant à Bosco Ntaganda de continuer ses activités de contrebandiers en toute liberté ? La révélation des liens entre le Rwanda et Bosco Ntaganda contenue dans le rapport d'experts des Nations unies sur la RDC a embarrassé les autorités rwandaises. La condamnation pour crimes de guerre, le 14 mars, de l'ancien chef de Bosco Ntaganda, Thomas Lubanga, par la CPI pour avoir enrôlé des enfants soldats en 2002-2003 pendant la guerre civile en Ituri, a de nouveau poussé la communauté internationale à demander l'arrestation et le transfert de Bosco Ntaganda vers la CPI pour être jugé des mêmes crimes. Dans ce contexte, les autorités congolaises et rwandaises se sont certainement demandé si Bosco Ntaganda pouvait continuer à servir leurs intérêts respectifs dans l'est de la RDC. Sentant le vent tourner, Bosco Ntaganda a fomenté des troubles dans l'est du pays et après des combats violents avec les FARDC, il s'est réfugié dans le parc de la Virunga, en RDC. Dans le même temps, un nouveau mouvement rebelle issu du CNDP s'est créé, le Mouvement du 23 mars (M23). Il est dirigé par le colonel Sultani Makenga. Ce colonel ne serait-il pas le remplaçant de Bosco Ntaganda destiné à assurer la continuité de la mainmise rwandaise sur l'est de la RDC ? Il semble peu probable que les autorités rwandaises décident de remettre Bosco Ntaganda à la CPI. Il en sait trop. Mais le laisser se faire tuer par l'armée congolaise serait assez embarrassant... Si les autorités rwandaises ne le protègent pas, comment s'assurer que son successeur leur sera fidèle ? La communauté internationale doit veiller à ce que toute solution politique négociée ne se fasse pas au détriment de la lutte contre l'impunité. Son message doit être ferme. L'argument selon lequel arrêter et remettre Bosco Ntaganda à la CPI nuirait à la pacification de l'est de la RDC n'est pas acceptable. L'impunité des criminels de guerre, notamment celle de Jules Mutebutsi et de Laurent Nkunda, a maintenu cette partie du territoire congolais dans l'anarchie et concourt à la dégradation de la situation dans la région. Ce n'est pas l'arrestation et le transfert de Bosco Ntaganda vers la CPI qui risquent d'aggraver une situation déjà conflictuelle mais bien la convoitise que suscitent les richesses locales. En effet, le vide laissé ces dernières semaines par le CNDP autour des sites miniers et des routes commerciales dans l'est de la RDC constitue une occasion à saisir pour d'autres forces armées de la région (Maï Maï, FDLR...). Les autorités congolaises et rwandaises ont la responsabilité de coopérer pour mettre fin à l'impunité des principaux responsables des graves violations des droits de l'homme commises en RDC. Il s'agit aussi d'adresser un message clair aux chefs de guerre qui se battent pour le contrôle des ressources naturelles de la région : l'impunité n'est plus de mise. -------------------------------------------------------------------------------- Fondée en 1974, l'ACAT défend les valeurs universelles des droits de l'homme et du droit humanitaire et la nécessité de les respecter.
Viols au Kivu : le cri d'alarme de Justine Masika, menacée par Bosco Ntaganda - par Maddy le 22/05/2012 - 15:56
Anne Guion - publié le 16/05/2012 sur www.lavie.fr
Justine Masika, 47 ans, coordinatrice de Synergie Femmes, une association qui accueille les femmes violées du Nord-Kivu, a décidé de parler, malgré les menaces. Cette figure de la société civile congolaise appelle à l'arrestation et au jugement à la CPI de Bosco Ntaganda, seigneur de guerre récidiviste dont les hommes terrorisent la population du Kivu. Justine Masika est décidée à parler, quoi qu'il lui en coûte. "Si on ne parle pas, comment les gens sauront que nous avons un problème?" lance-t-elle, avec dans la voix un mélange de lassitude et de détermination. Nous l'avions rencontrée à Goma, au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC) en 2008. Coordinatrice de Synergie Femmes, Justine Masika accueille dans son association des femmes victimes de "viol comme arme de guerre" (lire à ce propos nos reportages"Le viol comme arme de guerre", "Les enfants du serpent", et notre web-reportage "Femmes du Kivu, 4 ans après"). Elle recueille aussi leurs témoignages en vue de constituer un dossier pour un éventuel procès à la Cour pénale internationale (CPI). Une activité qui fait d'elle une cible pour les nombreux groupes armés de la région pour lesquels le viol fait partie d'une stratégie de la terreur leur permettant de prendre le contrôle des mines de cette région riche en minerais. A l'époque, Justine se remettait tout juste d'une énième agression. Alors qu’elle était absente, des hommes armés avaient pénétré chez elle et tabassé ses enfants : c’est elle qu’ils recherchaient. Aujourd'hui, cette figure de la société civile du Nord-Kivu est de nouveau menacée. "Le 21 avril, j'ai reçu des menaces de mort par téléphone. J'ai changé d'habitation. Mais ils m'ont retrouvée et ont encerclé ma maison." Elle s'en est sortie de justesse. Son tort ? Avoir appelé dans une interview à la BBC le 14 avril dernier, à arrêter Bosco Ntaganda et à le transférer à la Cour pénale internationale. Cet ancien chef rebelle devenu général de l'armée congolaise, a fait sécession début avril et a créé un nouveau groupe armé, le M23. Depuis, ses hommes terrorisent la population dans le Rustshuru, à environ 70 km de Goma, à la frontière entre l'Ouganda et le Rwanda. En toute impunité. "Sur les 220 femmes violées que nous avons recueillies à l'association au premier trimestre, témoigne Justine Masika, une cinquantaine ont été victimes des hommes de Bosco Ntaganda. Mais aujourd'hui, tout s'accélère : tous les jours nous recevons des femmes ayant été violées par ses hommes." Mais ce n'est pas tout. Selon l'ONG de défense des droits de l'homme, Human rights watch (HRW), le chef rebelle aurait enrôlé de force au moins 149 enfants et jeunes hommes dans ses forces armées depuis le 19 avril. Rien de bien nouveau pour lui, "Bosco", comme on le surnomme, est un récidiviste : celui-ci est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI depuis 2006, pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Ituri, une province dans le Nord de la RDC. Aujourd'hui, personne ne sait vraiment où il se trouve. "Il faut absolument faire pression pour qu'on le retrouve et qu'on le transfère à la CPI, insiste Justine Masika. Kabila a déclaré vouloir le juger au Congo. Mais je ne crois pas qu'il le fera. Pourtant, il faut absolument que cet homme paye pour ses actes, qu'il soit jugé. C'est nécessaire pour lutter contre l'impunité." Pour aller plus loin + WEBREPORTAGE : 4 ans après leur première rencontre avec La Vie, les femmes du Kivu violées témoignent à nouveau http://www.lavie.fr/webdocumentaires/femmes-kivu/femmes-du-kivu-4-ans-apres-07-03-2012-24981_297.php
Anne Guion - publié le 16/05/2012 sur www.lavie.fr
Justine Masika, 47 ans, coordinatrice de Synergie Femmes, une association qui accueille les femmes violées du Nord-Kivu, a décidé de parler, malgré les menaces. Cette figure de la société civile congolaise appelle à l'arrestation et au jugement à la CPI de Bosco Ntaganda, seigneur de guerre récidiviste dont les hommes terrorisent la population du Kivu. Justine Masika est décidée à parler, quoi qu'il lui en coûte. "Si on ne parle pas, comment les gens sauront que nous avons un problème?" lance-t-elle, avec dans la voix un mélange de lassitude et de détermination. Nous l'avions rencontrée à Goma, au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC) en 2008. Coordinatrice de Synergie Femmes, Justine Masika accueille dans son association des femmes victimes de "viol comme arme de guerre" (lire à ce propos nos reportages"Le viol comme arme de guerre", "Les enfants du serpent", et notre web-reportage "Femmes du Kivu, 4 ans après"). Elle recueille aussi leurs témoignages en vue de constituer un dossier pour un éventuel procès à la Cour pénale internationale (CPI). Une activité qui fait d'elle une cible pour les nombreux groupes armés de la région pour lesquels le viol fait partie d'une stratégie de la terreur leur permettant de prendre le contrôle des mines de cette région riche en minerais. A l'époque, Justine se remettait tout juste d'une énième agression. Alors qu’elle était absente, des hommes armés avaient pénétré chez elle et tabassé ses enfants : c’est elle qu’ils recherchaient. Aujourd'hui, cette figure de la société civile du Nord-Kivu est de nouveau menacée. "Le 21 avril, j'ai reçu des menaces de mort par téléphone. J'ai changé d'habitation. Mais ils m'ont retrouvée et ont encerclé ma maison." Elle s'en est sortie de justesse. Son tort ? Avoir appelé dans une interview à la BBC le 14 avril dernier, à arrêter Bosco Ntaganda et à le transférer à la Cour pénale internationale. Cet ancien chef rebelle devenu général de l'armée congolaise, a fait sécession début avril et a créé un nouveau groupe armé, le M23. Depuis, ses hommes terrorisent la population dans le Rustshuru, à environ 70 km de Goma, à la frontière entre l'Ouganda et le Rwanda. En toute impunité. "Sur les 220 femmes violées que nous avons recueillies à l'association au premier trimestre, témoigne Justine Masika, une cinquantaine ont été victimes des hommes de Bosco Ntaganda. Mais aujourd'hui, tout s'accélère : tous les jours nous recevons des femmes ayant été violées par ses hommes." Mais ce n'est pas tout. Selon l'ONG de défense des droits de l'homme, Human rights watch (HRW), le chef rebelle aurait enrôlé de force au moins 149 enfants et jeunes hommes dans ses forces armées depuis le 19 avril. Rien de bien nouveau pour lui, "Bosco", comme on le surnomme, est un récidiviste : celui-ci est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI depuis 2006, pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Ituri, une province dans le Nord de la RDC. Aujourd'hui, personne ne sait vraiment où il se trouve. "Il faut absolument faire pression pour qu'on le retrouve et qu'on le transfère à la CPI, insiste Justine Masika. Kabila a déclaré vouloir le juger au Congo. Mais je ne crois pas qu'il le fera. Pourtant, il faut absolument que cet homme paye pour ses actes, qu'il soit jugé. C'est nécessaire pour lutter contre l'impunité." Pour aller plus loin + WEBREPORTAGE : 4 ans après leur première rencontre avec La Vie, les femmes du Kivu violées témoignent à nouveau http://www.lavie.fr/webdocumentaires/femmes-kivu/femmes-du-kivu-4-ans-apres-07-03-2012-24981_297.php
Noella: lutter pour rendre justice aux femmes - par Maddy le 22/05/2012 - 15:49
05/05/2012 Copyright © 2012 euronews
Nous sommes cette semaine en Ituri, au Nord Est de la Republique Démocratique du Congo. C’est ici que nous allons rencontrer Noella, prète à prendre tous les risques pour aider les femmes qui après avoir subli les horreurs du conflit, subissent aujourd’hui la violence au quotidien. “Les femmes contribuent beaucoup dans la pacification”, dit Noella. “Vous savez, c’est elle la maman à la maison. Elle peut facilement influencer sa maison, et quand on influence sa maison, c’est possible aussi qu’on puisse influencer l’extérieur. La femme est une force qui peut changer la face du monde.” Noella fait partie des milliers de déplacés arrivés dans la ville de Bunia, en Ituri, a l‘époque où le conflit faisait rage en RDC. Depuis, elle est devenue la coordinatrice de l’association SOFEPADI, soutenue par la branche suisse de l’ong Medecins sans frontières. Connue pour son travail en faveur de la cohabitation entre communautés, l’association, gère aussi un centre médical. Les journées commencent par une séance de sensibilisation au VIH et aux maladies sexuellement transmissibles. On nous demande de dissimuler les visages des participants: beaucoup ici ont été récemment victimes de viols. Sofepadi leur fournit gratuitement assistance médicale et psychologique “Il y a des gens qui avaient pris les armes. Actuellement ils sont demobilisés, et ils vivent avec la communauté”, explique Noella. “Je pense qu’ils font partie des gens qui continuent a agresser les femmes.” Chaque semaine, les psychologues du centre reçoivent une dizaine de victimes de viols, des femmes surtout, mais aussi des hommes, et beaucoup d’enfants. Pour les femmes de Sofepadi, la bataille est aussi à livrer sur le front des mentalités. “Souvent chez nous, les maris ne reconnaissent jamais que la femme a été agressée! Mais ils disent toujours aux femmes. “Pourquoi tu ne t’es pas défendue?”“, s’indigne Noella. “Il arrive que le mari la répudie. Il faut lui trouver les moyens qui vont lui permettre de survivre.” L’association offre des formations à des victimes de viol et aux femmes vulnérables, dans plusieurs villages de la région. “grâce a ce travail je me sens valorisée”, explique une couturière; “avant quand je demandais de l’argent au mari, il ne cédait pas facilement, il ne donnait presque rien. Alors maintenant on a la force d’affronter la vie!” Outre la réinsertion sociale et économique des femmes victimes de violences sexuelles, Noella se bat pour qu’elles soient rétablies dans leur droits. “La communaute commence à comprendre que les cas de viols ce n’est pas quelque chose quon doit arranger à l’amiable. Il faut traduire les auteurs au niveau de la justice”, dit-elle. “Au début c‘était difficile hein! Les femmes avaient peur des représailles. Si on arrive à porter plainte, et que l’auteur est libéré, et qu’il rentre au village, souvent, il va encore s’en prendre à la victime” Les condamnations sont encore peu nombreuses par rapport au nombre de dossiers traités, et les familles préfèrent souvent trouver un arrangement financier, bien que la loi l’interdise. Mais le processus est lancé, ce qui n’est pas sans risque pour les membres de l’association qui accompagnent les victimes dans leur démarche judiciaire. “En 2008, j’ai eu des problèmes. Il y a eu des hommes en armes qui sont entrés chez moi. quand ils sont entrés, ils m’ont menacée ..” nous confie Noella. “J’avais un ordinateur portable, il fallait qu’ils puissent le récupérer. Je savais que le portable contenait des données en rapport avec les victimes. Alors, j’ai essayé de résister. Et quand j’ai résisté c’est comme ca qu’ils m’ont tiré dans la jambe, et j’ai reçu aussi un coup de machette au front. Alors, quand ils ont eu ce portable, ils sont repartis.” Après l’agression, Noella a du déménager avec sa famille. Pas question pour autant de renoncer à sa lutte. Sa plus grande préoccupation, c’est l’absence de financements institutionnels, une fois tarie la contribution actuelle de Medecins sans frontières. “Même si je reste chez moi, si quelqu’un veut attenter a ma vie, il le fera !”, s’exclame-t-elle. “Alors je pense que cest ce qui m’a donné encore plus de courage. Je ne peux pas être lâche et abandonner tout ce grand travail que nous avons déjà fait avec les femmes. Toute cette avancée. On ne peut pas s’arrêter. On va continuer le combat” Un combat partagé par Caddy Adzuba, journaliste au service de la paix; à suivre dans le dernier volet de notre édition congolaise de Women and War Pour visionner les témoignages, cliquez ici : http://fr.euronews.com/2012/05/05/noella-lutter-pour-rendre-justice-aux-femmes/
05/05/2012 Copyright © 2012 euronews
Nous sommes cette semaine en Ituri, au Nord Est de la Republique Démocratique du Congo. C’est ici que nous allons rencontrer Noella, prète à prendre tous les risques pour aider les femmes qui après avoir subli les horreurs du conflit, subissent aujourd’hui la violence au quotidien. “Les femmes contribuent beaucoup dans la pacification”, dit Noella. “Vous savez, c’est elle la maman à la maison. Elle peut facilement influencer sa maison, et quand on influence sa maison, c’est possible aussi qu’on puisse influencer l’extérieur. La femme est une force qui peut changer la face du monde.” Noella fait partie des milliers de déplacés arrivés dans la ville de Bunia, en Ituri, a l‘époque où le conflit faisait rage en RDC. Depuis, elle est devenue la coordinatrice de l’association SOFEPADI, soutenue par la branche suisse de l’ong Medecins sans frontières. Connue pour son travail en faveur de la cohabitation entre communautés, l’association, gère aussi un centre médical. Les journées commencent par une séance de sensibilisation au VIH et aux maladies sexuellement transmissibles. On nous demande de dissimuler les visages des participants: beaucoup ici ont été récemment victimes de viols. Sofepadi leur fournit gratuitement assistance médicale et psychologique “Il y a des gens qui avaient pris les armes. Actuellement ils sont demobilisés, et ils vivent avec la communauté”, explique Noella. “Je pense qu’ils font partie des gens qui continuent a agresser les femmes.” Chaque semaine, les psychologues du centre reçoivent une dizaine de victimes de viols, des femmes surtout, mais aussi des hommes, et beaucoup d’enfants. Pour les femmes de Sofepadi, la bataille est aussi à livrer sur le front des mentalités. “Souvent chez nous, les maris ne reconnaissent jamais que la femme a été agressée! Mais ils disent toujours aux femmes. “Pourquoi tu ne t’es pas défendue?”“, s’indigne Noella. “Il arrive que le mari la répudie. Il faut lui trouver les moyens qui vont lui permettre de survivre.” L’association offre des formations à des victimes de viol et aux femmes vulnérables, dans plusieurs villages de la région. “grâce a ce travail je me sens valorisée”, explique une couturière; “avant quand je demandais de l’argent au mari, il ne cédait pas facilement, il ne donnait presque rien. Alors maintenant on a la force d’affronter la vie!” Outre la réinsertion sociale et économique des femmes victimes de violences sexuelles, Noella se bat pour qu’elles soient rétablies dans leur droits. “La communaute commence à comprendre que les cas de viols ce n’est pas quelque chose quon doit arranger à l’amiable. Il faut traduire les auteurs au niveau de la justice”, dit-elle. “Au début c‘était difficile hein! Les femmes avaient peur des représailles. Si on arrive à porter plainte, et que l’auteur est libéré, et qu’il rentre au village, souvent, il va encore s’en prendre à la victime” Les condamnations sont encore peu nombreuses par rapport au nombre de dossiers traités, et les familles préfèrent souvent trouver un arrangement financier, bien que la loi l’interdise. Mais le processus est lancé, ce qui n’est pas sans risque pour les membres de l’association qui accompagnent les victimes dans leur démarche judiciaire. “En 2008, j’ai eu des problèmes. Il y a eu des hommes en armes qui sont entrés chez moi. quand ils sont entrés, ils m’ont menacée ..” nous confie Noella. “J’avais un ordinateur portable, il fallait qu’ils puissent le récupérer. Je savais que le portable contenait des données en rapport avec les victimes. Alors, j’ai essayé de résister. Et quand j’ai résisté c’est comme ca qu’ils m’ont tiré dans la jambe, et j’ai reçu aussi un coup de machette au front. Alors, quand ils ont eu ce portable, ils sont repartis.” Après l’agression, Noella a du déménager avec sa famille. Pas question pour autant de renoncer à sa lutte. Sa plus grande préoccupation, c’est l’absence de financements institutionnels, une fois tarie la contribution actuelle de Medecins sans frontières. “Même si je reste chez moi, si quelqu’un veut attenter a ma vie, il le fera !”, s’exclame-t-elle. “Alors je pense que cest ce qui m’a donné encore plus de courage. Je ne peux pas être lâche et abandonner tout ce grand travail que nous avons déjà fait avec les femmes. Toute cette avancée. On ne peut pas s’arrêter. On va continuer le combat” Un combat partagé par Caddy Adzuba, journaliste au service de la paix; à suivre dans le dernier volet de notre édition congolaise de Women and War Pour visionner les témoignages, cliquez ici : http://fr.euronews.com/2012/05/05/noella-lutter-pour-rendre-justice-aux-femmes/
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